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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 15:58

    


Jour après jour il faut l'admettre
Voir ceux qu'on aime disparaître
C'est ce qui fait vieillir trop tôt
Au paradis des chiens peut-être





Ton long museau à la fenêtre
Tu nous accueilleras bientôt




Au triple galop caracole
Je vois tes pattes qui s'envolent
Chevauchant l'herbe et les nuées
Le vent siffle dans ton pelage




Vole vole mon loup sauvage
Comme au temps des vertes années

Hourrah Oural Ouralou

Oural Ouralou


 

 

 





 

C'est dans l'aube chère à Verlaine
Que tu courais notre domaine
Humant l'air des quatre saisons
Odeurs de thym et de bruyère

 

 




Sous tes pattes fraîches légères
S'élevaient comme une oraison

Berger des landes familières
Tu vivais digne et solitaire
Animal doué de raison



Hourrah Oural Ouralou
Oural Ouralou



 

 



Jean Ferrat - " Oural Ouralou "

 


J'écris ce jour anniversaire
Où tu reposes sous la terre
A deux pas de notre maison



Hourrah Oural Ouralou
Oural Ouralou


 

 



"L'amour est cerise"

 

 


Hommage

à toi,

Monsieur Jean FERRAT,

qui m'a accompagnée depuis mes 16 ans





 

Dimanche 14 mars,

à 13h55 et 18h25,

Michel DRUCKER présente une émission spéciale

en lieu et place de Michel DruckerVivement dimanche spécial Faites la fête et surtout Vivement dimanche prochain avec Dorothée .


Dans cette émission spéciale, nous reverrons des passages de Jean Ferrat alors invité de Michel Drucker dans Vivement dimanche en 2003, mais aussi de Stars 90 (1991).



Lundi 15 mars,

France 3 déprogramme son documentaire intitulé Les survivant d'Haïti à 20h35, au profit d'un grand portrait du chanteur disparu.

 

 



Mardi 16 mars

à 22h30, France 2 remplace le film Training Day par un autre hommage à Jean Ferrat.




 

 

 

" Les poètes ne meurent jamais, ils sont en moi à jamais, au-delà de la mort, Jean tu es parti rejoindre tes autres potes poètes, les grands, ceux qui vivent et vivront à jamais,

Tu es dans mon coeur, et sur ma guitare je continuerai à accompagner tes textes !!!


Je suis avec toi  dans ce denier voyage,


Et de tout coeur avec ceux qui t'aiment, qui vont souffrir de ton absence...


A bientôt

 


Kate

 

 

" Les jeunes imbeciles "

 

 

 


" Au point du jour "

( Version Barclay, 1967 ) Jean Ferrat

 

 

 

 



 

 

 

 

Dates à venir

de l'exposition




Cette exposition vous fera découvrir l’œuvre de Jean Ferrat à travers douze de ses chansons.


Une oeuvre qui compte parmi les plus riches de la chanson française pour cet artiste qui a su mêler tout au long de sa carrière : poésie, âme populaire et humanisme.


On y retrouvera bien évidemment Aragon pour qui le chanteur a mis trente et un de ses poèmes en musique.


 

  

 

 

 

Année 2010


 

- du 26 février au 13 mars

MJC Saint Chamond ( 42)

 


- les 19, 20 et 21 mars

Saint Marcel les Valence ( 26)

avec des artistes qui chanteront Ferrat ( Francesca Solleville, Nicole RIEU..)

 

- les 2, 3 et 4 avril

Saint Maurice ( 63 )

 



- et des dates à venir en région parisienne :

Tremblay en France, Siège National du Secours Populaire à Paris


 



 

Ce site présente l'exposition
Jean des Encres,
Jean des Sources
dédiée à
Jean
FERRAT.

 

 

Cette exposition est itinérante et parcourt les villes et villages à la demande.

 

www.ferrat-expo.com/presentation.html

 

 

 

 

Voici des sites de passionnés de Jean...
que je découvre au gré de mes recherches...


Un poète ne meurt pas...

il s'envole vers d'autres contrées !!!

Il continue son voyage...



 

Le site d'un grand amateur de Jean Ferrat Le site d'un grand amateur de Jean Ferrat

Un site remarquable sur Jean Ferrat

http://www.e-monsite.com/bth48/accueil.html

 

 

Le site d'un grand amateur de Jean Ferrat. et de l'Ardèche Le site d'un grand amateur de Jean Ferrat. et de l'Ardèche

A découvrir !

http://pb60.e-monsite.com:80/

 

 

 

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 00:49

LIBERTE Dans notre sacré société..




LIBERTE



De quel droit mettez-vous des oiseaux en cage ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?


De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?


Homme crois-tu que Dieu, ce père,
fasse naître L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?


Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?


Quest-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?


Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle ?


Qui sait si le verdier qu'on dérobe aux rameaux,
Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux


Et si la servitude inutile des bêtes
Ne se résolvent pas en Néron sur nos têtes ?


Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ?


Oh ! de nos actions qui sait les contre-coups,
Et quels noirs croisements ont au fond du mystère


Tant de choses qu'on fait sur la terre ?


Quand vous cadenassez sous un réseau de fer
Tous ces buveurs d'azur faits pour s'énivrer d'air,
Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue,


Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue,
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux
Ne touche pas l'homme en heurtant ces barreaux ?


Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde !


Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde,
Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchant ?


A tous ces enfermés donnez la clé des champs !


Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ;
Les âmes expieront tout ce que l'on fait aux ailes.

La balance invisible a deux plateaux obscurs.

Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs !
Du trillage aux fils d'or naissent les noirs grilles ;
La volière sinistre est mère des bastilles.


Respect aux doux passants des airs, des prés, des eaux !


Tout la liberté qu'on prend à des oiseaux
Le destin juste et dur le reprend à des hommes.

Nous avons des tyrans parce que nous en sommes.


Tu veux être libre, homme ?
et de quel droit, ayant Chez toi le détenu,
ce témoin effrayant ?


Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre.

Tout l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre
Se penche, et se dévoue à l'expiation.


Je t'admire oppresseur, criant : oppression !

Le sort te tient pendant que ta démence brave
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave


Et la cage qui pend au seuil de ta maison

Vit chante, et fait sortir de terre la prison.



Victor HUGO



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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 13:28

Léo Ferré et Ivry Gitlis - Les étrangers (1975)




Regarde-la ta voile elle a les seins gonflés
La marée de tantôt te l'a déshabillée
Les bateaux comme les filles ça fait bien des chichis
Mais ce genre de bateau ça drague pas dans Paris


T'as les yeux de la mer et la gueule d'un bateau
Les marins c'est marrant même à terre c'est dans l'eau
Ta maman a piqué sur ta tête de vieux chien
Deux brillants que tu mets quand t'embarques ton destin


C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens la mer on s'en foutait
On était trois copains avec une tragédie
Et puis ce chien perdu tout prêt à s'suicider


Quand la mer se ramène avec des étrangers
Homme ou chien c'est pareil on les r'garde naviguer
Et dans les rues d'Lorient ou d'Brest pour les sauver
Y a toujours un marin qui rallume son voilier


Regarde-la ta quille à la mer en allée
La marée de tantôt te l'a tout enjupée
Les bateaux comme les filles ça fait bien du chiqué
Mais quand on s'fout à l'eau faut savoir naviguer


T'as le cœur comme ces rocs vêtus de Chantilly
Quand la tempête y a fait un shampooing dans la nuit
Ta maman t'a croché deux ancres aux doigts de chair
Et les lignes de ta main ça s'lit au fond d'la mer


C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens dans ces rues de l'emmerde
On était trois copains au bout de mille nuits
Et le jour qui s'pointait afin que rien ne s'perde


Quand la mer se ramène avec des étrangers
En Bretagne y a toujours la crêperie d'à côté
Et un marin qui t'file une bonne crêpe en ciment
Tellement il y a fourré des tonnes de sentiments


Regarde-la ta barre comme de la Pop musique
Ça fait un vrai bordel chez les maquereaux très chics
La mer a ses anglais avec le drapeau noir
On dirait Soixante-huit qui s'en r'vient du trottoir


Ma maman m'a cousu une gueule de chimpanzé
Si t'as la gueule d'un bar j'm'appelle Pépée Ferré
C'est pas comme en avril en avril de mon cul
Dans ce bar endossé au destin de la rue


Et c'est pas comme demain en l'An de l'An Dix mille
Lochu tu t'en souviens c'était beau dans c'temps-là
La mer dans les Soleils avec ou bien sans quille
Un bateau dans les dents des étoiles dans la voix


Et quand on se ram'nait avec nos Galaxies
Ça faisait un silence à vous mourir d'envie
Et les soirs d'illusion avec la nuit qui va
Dans Brest ou dans Lorient on pleure et on s'en va


L'An Dix mille... Lochu ? Tu t'rappelles ?

L'An Dix mille... Tu t'rappelles ? Lochu ?

L'An Dix mille, l'An Dix mille, l'An Dix mille...


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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 21:46

 
LE MARIAGE

 
Alors Almitra parla à nouveau et dit,
Et qu'en est-il du Mariage, maître ?


 


Et il répondit en disant :



Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours.

Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu.



Mais laissez l'espace entrer au sein de votre union.

Et que les vents du ciel dansent entre vous.



Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une chaîne.

Laissez le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes.



Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.

Donnez à l'autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.



Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux,
mais laissez chacun de vous être seul.



De même que les cordes du luth sont seules
pendant qu'elles vibrent de la même harmonie.

 


Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l'un de l'autre.

Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.




Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus :

Car les piliers du temple se tiennent à distance,

Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre.




Khalil GIBRAN


" LE PROPHETE"

 

 

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 20:59


Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie,
                     de ta forme qui est beauté !





J'ai grandi à ton ombre 
                     la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
         Je te découvre,
                Terre promise,
                        du haut d'un haut col calciné



Et ta beauté me foudroie en plein coeur, 
                        comme l'éclair d'un aigle




Femme nue, femme obscure
          Fruit mûr à la chair ferme,
                      sombres extases du vin noir, 
                      bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs,
Savane qui frémis aux caresses
                      ferventes du Vent d'Est

Tamtam sculpté,
Tamtam tendu qui gronde
                      sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto
Est le chant spirituel de
                       l'Aimée.



Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle,

              Huile calme aux flancs de l'athlète, 
              Aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes,
              Les perles sont étoiles sur
                                      la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l'Esprit,
Les reflets de l'or rouge 
              sur ta peau qui se moire

A l'ombre de ta chevelure,
S'éclaire mon angoisse 
               aux soleils prochains de
                                    tes yeux.



Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, 
 
               Forme que je fixe dans l'Eternel

               Avant que le destin jaloux
               Ne te réduise en cendres 
               Pour nourrir les racines de
                                           la vie.




Léopold Sédar Senghor

(Chants d'ombre-1945)

 

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 22:55




Écoutez !


Puisqu'on allume les étoiles,
C'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?


C'est que quelqu'un désire qu'elles soient ?
C'est que quelqu'un dit perles ces crachats ?
 
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
Il fonce jusqu'à Dieu, craint d'arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore il lui faut une étoile !
Jure qu'il ne peut supporter son martyre sans étoiles.


Ensuite, il promène son angoisse,
Il fait semblant d'être calme.

Il dit à quelqu'un :
" Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas ?
T'as plus peur ?
Dis ? "


Écoutez !


Puisqu'on allume les étoiles,
C'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?


C'est qu'il est indispensable,
Que tous les soirs au-dessus des toits
Se mette à luire seule au moins une étoile?




Vladimir Maïakovski

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 09:26


Chanson dans le sang



Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu


Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage… si monotone…

Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie… la neige…
le grêle… le beau temps…
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan


Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres… ses jardins… ses maisons…
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent…

Elle elle s'en fout
la terre

elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler…


Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres… le sang des guerres…
le sang de la misère…
et le sang des hommes torturés dans les prisons…
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman…
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons…
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit


Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né… avec l'enfant nouveau…
la mère qui crie… l'enfant pleure…
le sang coule… la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler


Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués… des humiliés…
des suicidés… des fusillés… des condamnés…
et le sang de ceux qui meurent comme ça… par accident.


Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore…


sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait… avec ses vaches…
avec ses vivants… avec ses morts…

la terre qui tourne avec ses arbres… ses vivants… ses maisons…
la terre qui tourne avec les mariages…
les enterrements…
les coquillages…
les régiments…


la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang


Jacques Prévert




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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 07:15


L ' AMOUR



 


Alors, Almitra dit :
 Parle-nous de l'Amour.


Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux. Et d'une voix forte il dit :

Quand l'amour vous fait signe, suivez le.

Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.

Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui.

Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.




Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.

De même qu'il vous fait croître, il vous élague.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,

Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre.

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous bat pour vous mettre à nu.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous broie jusqu'à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.




Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.




Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour.


Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne,

Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.




L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l'amour suffit à l'amour.



Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu".

Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours.

L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.



Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi :

Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.

Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ;

Et en saigner volontiers et dans la joie.

Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ;

Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ;

Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;

Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.



Khalil GIBRAN

(LE  PROPHETE)



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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 14:52


La java des pussy-cats

 

 



Sur un vieux toit en zingue
Y avait des pussy-cats
Qui dansaient comme des dingues
En f'sant du bruit avec leurs pattes


Alertés, les voisingues
S'écriaient ça n'a rien d'bath
y a d'quoi dev'nir sourdingue
On peux plus travailler ses maths



Le matou du marchand d'volailles
Une sardine en bandouillière
Avait enlacé par la taille
La chatte de la cuisinière

Chacun faisait du gringue
A la siamoise de l'épicier

C'était un vrai dancingue
A tout l'monde ils cassaient les pieds



Au bout d'une demi-plombe
Ecoeurés par ce raffut
Les flics s'amènent en trombe
En faisant tourner leurs massues

Et c'est une hécatombe
Les ardoises volent en éclats
On aurait cru des bombes


Mais y avait déjà plus un chat
Réfugiés au fond d'une cave



Les pussy-cats pas dégonflés
Sirotant d'l'alcool de betterave
S'étaient remis à gambiller


Toute la nuit ils dansèrent
En usant des kilos d'savates
Pour leur anniversaire
La java des pussy-cats

 

Boris VIAN


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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 07:11


La plus étrange des créatures





Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d'épouvante.



Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau,
Dans ses menues inquiétudes.



Comme la moule, mon frère,

Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.



Tu es terrifiant, mon frère,
Comme la bouche d'un volvan éteint.


Et tu n'es pas un, hélas,
Tu n'es pas cinq,
Tu es des millions.



Tu es comme le mouton , mon frère,
Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand l'équarisseur lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l'abattoir en courant, presque fier.


Tu es la plus étrange des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.



Et s'il y a tant de misère sur terre
C'est grâce à toi, mon frère,



Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous sommes écorchés jusqu'au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,



Irai-je jusqu'à dire que c'est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère. 



1947


Nâzim Kikmet









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"Kate le monde" est un blog destiné à parler de sujets de société qui me tiennent à coeur,  mais également parler de poésie, de musique, de théâtre, de créations en tout genre, etc....
J'y mettrai également de mes textes et poésies en toute modestie, et des photos prises au fil de mes balades...des coups de coeur et des coups d'essai !.......à suivre....

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