Parler de sujets de société, de l'intolérance, des atteintes aux droits de l'Homme, de la liberté, des enfants, de la souffrance, de la Vie tout simplement, mais également de poésie, d'écrits personnels, de musique, de théâtre, de créations en tout genre, etc...
MÈRES !
Parce que le mot qui ne peut pas
stopper la guerre
Peut l'empêcher de se draper du bien !

Ô MÈRES
Mères du Monde entier
A quand notre mot de passe
Pour enterrer la guerre
Vraie parole de femme parole d’amour
Distillée à nos petits d’hommes
Dès leur séjour dans notre cœur ?
Jusqu’ici, hélas, Mères,
Nous n’avons rien trouvé à dire de convaincant.
Quel indécent mutisme !
Et quel lent supplice
Pour un monde à l’envers et violent...
Un monde souffrant de démence.
De bruit.

Et de notre silence
Nous avons étouffé nos mots
dedans nos cris, dedans nos plaintes,
dedans nos sourires contraints
dans nos corsages, sous nos jupons,
entre nos cuisses...
dans les cuisines, dans les hospices,
sur les écrans,
dans les "mines-de-rien" des salons,
dans les églises...
Nous avons ravalé nos paroles
Avec nos larmes et nos soupirs... de séduction.
Paroles encore trop soumises
Ou timides.
Ou parfois, pour tout dire nous avons laissé
s’échapper des mots
des mots injustes des mots de trop
paroles incontinentes
et blessantes
paroles de poing
armes défensives offensives
paroles piquées de venin
fausses masquées
ou mesquines
douces-amère bavardes frivoles
encore tout enflées de non-dit
ou paroles presque folles
de regret
de rage ou d’envie
aussi violentes pour les âmes
que viols d’homme pour les corps
et les esprits.
Inséparables, ô Mères,
Ces deux crimes contre la personne
et l’Humanité !
jumelés... mariés,
à la vie, à la mort !
Pour l’Amour,
rompons ce sombre accord.

De toutes les sortes de guerres,
Nous avons à guérir aujourd’hui
Avec nos fils blessés
mutilés
Trop souvent abattus
sur le champ
au grand jour
sacrifiés pour rien.
Sans mot dire à leur tour...
La violence
Leur avons-nous crié à l’oreille
C’est votre affaire.
c’est l’affaire des hommes,
c’est leur monde,
c’est leur lot,
c’est leur architecture,
c’est leur prison
Mais nous y sommes encore,
Enfermées avec eux,
Acceptant barreaux et serrures,
Complices des souillures
Et de l’obscurité.
Car sur tous les envers de médailles,
Sur la peur derrière les courages,
La nôtre, la leur,
sur chaque dessous des dentelles,
sur la cire brûlante des cierges,
sur le dedans des fusils
comme sur le tranchant des couteaux
et sur le bord heurtant des ailes,

Nous, Mères,
Nous sommes restées muettes.
Silence...
Pendant que nos petits s’inventaient des guerres,
des victoires et des galons,
Nous les avons laissés faire...
Sans vergogne.
Nous les avons laissés, sans gêne,
Se durcir, marcher au pas,
Et s’entraîner pour la haine
Pour l’horreur,
Pour le pire
Et ils tombent, soldats de chair,
blessés au Front.
Croix et calvaire,
Désolation...
C’en est assez !
Rompons !
Au plus grand plaisir de leurs pères,
Nous avons élevé, comme il faut,
Des petits guerriers de réserves,
Des fils chairs-à-canons,
Sur l’autel mâle de la puissance.
Quelle mortifère déférence !
"Des hommes forts", avons-nous dit,
Comme en écho à leurs fusils
Et à leur casses,
Pas de peur, pas de pleurs, promis :
Ils seront braves et vaillants.
Cuirassés sans cœur,
Derrière blindés et chars d’assaut,
Ils défendront enfants, pays,
argent, pétrole, tyrans d’ici
et châteaux en Espagne.
Violeurs des mille et une nuits,
Ils verseront, dans le désert,
leur sang et leurs entrailles,
Et se crèveront la peau pour que
le plus fort gagne.
Bien plus souvent que l’amour
posté par Nul (trouvé sur le net....)